L'homosexualité dans le monde
Si de nombreux événements peuvent choquer, la France fait partie de la vingtaine de pays autorisant l'homosexualité. Dans plus de 170 pays, elle est au mieux ignorée sinon interdite, pouvant être puni de peine de mort.
En Iran, par exemple, un jeune homme de 16 ans a été condamné à la peine de mort en septembre 2008 après avoir été soupçonné de "relations sexuelles non admises" (l'homosexualité n'étant jamais citée explicitement). A une question posée par un étudiant américain, le président iranien en visite aux Etats-Unis avait affirmé qu'"il n'y a pas d'homosexuels en Iran" !
Au Burundi, en Afrique de l'est, l'homosexualité est devenue un crime le mois dernier pour la première fois de son histoire. La communauté internationale fait pression sur le président Nkurunziza qui ne semble pas flancher. L'homosexualité dans ce pays de 8 millions d'habitants est désormais punie de 2 ans de prison.
Des séquelles psychologiques importantes
Mais la violence n'est pas toujours le fait d'inconnus. L'entourage proche peut être à l'origine d'actes traumatisants. A 27 ans, Guillaume a été frappé par son père après lui avoir annoncé son homosexualité. Les coups et les insultes ont fusé : "les pédés, ça ne devrait pas exister", "Tu peux crever, tu nous manqueras pas !". Depuis, Guillaume est sans domicile fixe. Un tiers des agressions du cercle proche sont commises par les parents.
Dans les lieux publics, la violence peut survenir sans prévenir. Sur les quais d'une gare parisienne, un jeune homme s'est fait agresser après avoir embrassé son compagnon : les services de sécurité (autres que ceux de la SNCF) l'ont violemment frappé et insulté. Au moment de porter plainte, les deux homosexuels ont dû subir la réticence des policiers, qui ont tenté de minimiser les actes. Les cas ne manquent pas, dans les transports en commun, lors d'événements sportifs et culturels ou dans la restauration. C'est "Satisfait ou agressé", ironisent les associations.
Même les lieux "gays" et "lesbiens" ne sont pas épargnés. Les lieux publics, notamment les "lieux de drague", représentent le deuxième contexte d'agressions. "Par exemple, la violence entre au Marais (ndlr : quartier gay de Paris)" dénonce le président de SOS Homophobie.
Ce contexte n'est pas sans conséquence : "Les agressions provoquent des séquelles psychologiques importantes. Dans le milieu homosexuel, on observe 6 fois plus de suicides. C'est un refus d'identité qui mène à d'énormes prises de risques (avec le VIH, les drogues, ...). Pour éviter de tels actes, il faut parvenir à faire sortir la douleur. Dans la grande majorité des cas, les personnes qui nous contactent se sentent soulagées."
En quête de reconnaissance officielle
C'est bien sûr par un cadre légal que la reconnaissance des droits des homosexuels doit se faire, mais là-encore, beaucoup reste à faire. En 2008, le magazine gay Têtu a relaté l'histoire d'un homme avec la double nationalité française et hollandaise, marié à un Hollandais (où le mariage entre personnes de même sexe est autorisé). Il avait été déchu de sa nationalité française en raison de l'invalidité de son mariage avec un homme. Après la consternation affichée par l'opinion publique, les ministères compétents (de la justice et des affaires étrangères) avaient fait marche arrière.
Les questions du mariage homosexuel et de l'adoption font partie des revendications des fédérations gaies sous la bannière de l'égalité pour tous. Mais le gouvernement a renouvelé son opposition à prendre de telles mesures. Au début du mois, le Conseil d'Etat, dans son rapport sur les lois bioéthiques, a rappelé son opposition à la procréation médicalement assisté pour les couples de personnes de même sexe, dans le cadre de la défense de l'intérêt de l'enfant.
"Désolé, nous ne pouvons pas accepter votre don du sang"... Homophobie ou simple prévention, les associations se posent la question. Aujourd'hui encore, la population homosexuelle est exclue du don du sang. Depuis 2006, les associations luttent contre cette interdiction. Malgré les promesses successives des Ministres de la Santé Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, rien n'a encore été fait. L'Etablissement français du sang considère avant tout l'homosexualité comme une pratique à risque. "Honteux" déplorent les bénévoles, d'autant plus que tout prélèvement (hétérosexuel ou non) fait l'objet d'une analyse a posteriori...